Loic Baratoux/ZUMA Press Wire/Bestimage / Bestimage

A moins d’être confiné à l’écart de la société moderne, vous avez probablement eu vent du « tsunami médiatique » occasionné par la récente apparition de la Japonaise, Naomi Osaka, au moment de disputer sa rencontre sur la terre battue de Roland Garros, le 26 mai dernier.

Que penser de ce déferlement des médias, du plus traditionnel au plus people

L'incroyable pouvoir du vêtement

« Icônique », « spectaculaire », « look inédit », « scintillante », ce ne sont pas les qualificatifs qui ont manqué pour qualifier la tenue très remarquée de la joueuse de tennis internationale.

Les polémiques n’ont pas tardé aussi, si bien que sa victoire face à Laura Siegemund (6-3, 7-6) s’est trouvée presque reléguée au rang de détail de la rencontre.

Etrange pour un tournoi sportif de cette ampleur, non ?

Peut-être pas tant que ça finalement. Ne voit-on pas fleurir les événements sportifs, où les tenues font parler plus que la performance ? 

  • au football, on ne compte plus les défilés auxquels se livrent certains joueurs de l’Equipe de France, pour ne citer qu’eux, et qui font régulièrement la Une de la presse ;
  • en athlétisme, si l’on observe bien, l’apparence (coiffure, manucure, tatouage…) tient une place de choix dans la mise en scène de la performance, devenant parfois, une véritable arme d’intimidation de l’adversaire ;
  • en matière de danse, et je me réfère ici à une compétition de niveau international, qui se déroule annuellement à Courbevoie, la Nuit de la Danse et de l’Elégance est précisément une manifestation qui met à l’honneur, non seulement la performance, mais aussi et surtout l’apparat.

 

L’apparence aurait-elle ce super-pouvoir qui « augmente » la performance ? Ou sert-elle à fournir un récit qu’une « simple » prouesse sportive ne relaterait pas ? 

Vous commencez à connaître mon appétence pour ce genre de sujet et, sans dévoiler hâtivement ma conclusion, penchons-nous sur les arguments.

Mon propos sera volontairement orienté vers les relations entre sport et vêtement.

© AFP/Getty Images
© Ville Courbevoie/Danse Club 92
Lauren Crew pour Wonderland Magazine

« Je porte, donc je suis » pourrait bien être la nouvelle maxime de cette génération de sportifs, pour qui l’habit est tout sauf accessoire.

Selon Vogue, la tenue portée par Naomi Osaka oscille entre élégance audacieuse et performances de haut niveau. Pour le Figaro, la Japonaise rayonnait de confiance.

Dans un ouvrage* publié récemment, l’auteur Sunita Kumar Nair explore l’intersection entre le tennis et la mode, en retraçant les moments de style les plus iconiques de la discipline, à travers des interviews de joueurs et des conversations avec de grands noms de la mode. 

Discipline versus identité

Quand la discipline inhérente au sport de haut niveau côtoie l’affirmation de son identité, le message se veut clair : ce n’est qu’en maitrisant les règles qu’il devient possible de créer ses propres règles.

Là où 100 ans en arrière, les femmes se battaient pour pouvoir pratiquer un sport,  elles peuvent aujourd’hui faire du sport tout en exprimant leur féminité. Le vêtement devient ici un allié de taille, dans un combat qui n’a pas encore le goût de la victoire, si on en croit les critiques nombreuses qui accompagnent chacune des sorties mode d’athlètes femmes en ce domaine.  

Le cas de Naomi Osaka illustre bien ce lien étroit entre discipline, pression et identité. Selon ses propres termes, « la mode, [est] pour moi, est une façon de m’exprimer ». Elle avouait ainsi laisser les vêtements parler à sa place, étant elle-même de nature timide.

La joueuse est aussi connue pour avoir brisé le tabou de l’anxiété et de la santé mentale dont elle souffre. Tant et si bien qu’elle a crée une série de méditations audio gratuites avec la plateforme ModerHealth, à destination des enfants en souffrance.

© IMAGO/SIPA
© Instagram / @jkeey4

Les hommes ne sont pas en reste, peut-être dans un autre registre. 

On se souvient de la première « rockstar » des courts, André Agassi, icône, s’il en fallait, du tennis de la fin des années 80, qui arborait volontiers sa coupe mulet, ses bandana et ses cyclistes fluo dans un milieu tennis encore peu coutumier des « extravagances ». Sans compter ses perruques, qu’il a par la suite avoué porter pour dissimuler une calvitie naissante.

Que dire du footballeur Jules Koundé, aussi connu pour ses choix vestimentaires décalés, en tout cas par rapport à ce que les yeux du public français sont habitués à voir.

Une belle preuve de personnalité forte, qui se joue des codes, ou tout au moins, se les réapproprie pour affirmer sa singularité, voire une forme de tolérance ?

Je suis curieuse de savoir ce qu’évoquent pour vous ces discussions sur le style vestimentaire. 😉

A très vite.

Anne-K.

*Ace : The Times & Style of Tennis de Sunita Kumar Nair

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